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Monnaies françaises · XIXe siècle

100 francs or

1855-1914 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Cagnes-sur-Mer · mise à jour le

100 francs or Napoléon III tête laurée, 1867, avers100 francs or de 1867, revers aux armes impériales, frappé à Strasbourg (BB)
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr 900 ‰
Poids32,26 g
Or fin29,032 g
Diamètre35 mm
Années de frappe1855-1859 (tête nue), 1862-1870 (tête laurée), 1878-1914 (Génie)
AteliersA (Paris) et BB pour Napoléon III ; A uniquement pour le Génie
GraveurDésiré-Albert Barre ; Génie d'après Augustin Dupré
TrancheDIEU PROTEGE LA FRANCE jusqu'en 1906, LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ de 1907 à 1914 (Génie)
Tirage total346 514 (tête nue), 96 950 (tête laurée), 438 595 (Génie)
RéférencesLe Franc F.550, F.551, F.552 (Génie, 1878-1906), F.553 (Génie, 1907-1914) ; KM 786, KM 802, KM 832 (Génie 1878-1906) ; Gadoury 1135, 1136
Catégoriesfrançaises, or

Avec 32,26 g d'or à 900 millièmes sur 35 mm, la 100 francs est la plus lourde des pièces d'or françaises de circulation. On la reconnaît à sa taille d'abord, puis à son effigie : Napoléon III de 1855 à 1870, Génie ailé de la IIIe République de 1878 à 1914. Le Génie, régulièrement frappé jusqu'en 1913, est le type que l'on retrouve le plus souvent dans les successions.

Identification

100 francs or : reconnaître la pièce

100 francs or Napoléon III tête laurée, 1867, avers

Avers

Sous l'Empire, profil de Napoléon III tourné vers la droite, d'abord sans couronne (1855-1859) puis lauré (1862-1870), signature BARRE à la base du cou, légende « NAPOLEON III EMPEREUR ». Sous la République, Génie ailé debout qui inscrit sur une tablette, avec un coq d'un côté et un faisceau coiffé d'une main de justice de l'autre, légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».

100 francs or de 1867, revers aux armes impériales, frappé à Strasbourg (BB)

Revers

Type impérial : armoiries à l'aigle sur un foudre, ceintes du collier de la Légion d'honneur, légende « EMPIRE FRANÇAIS », mention « 100 FRS » répartie de chaque côté, atelier et date en pied. Type Génie : la somme et l'année au centre d'une couronne de feuillage.

Tranche
Lettres en relief. « DIEU PROTEGE LA FRANCE » sur toutes les impériales et sur les Génie datés de 1878 à 1906 ; « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ » sur les Génie de 1907 à 1914. Tranche lisse sur les essais et les flans brunis.
Graveur
Désiré-Albert Barre signe les deux effigies impériales selon BDOR et Abacor. Le Génie est sa gravure d'après le modèle dessiné par Augustin Dupré en 1792.
Millésimes et tirages

100 francs or : les dates à connaître

Le tableau suit l'ordre chronologique : d'abord les deux types de Napoléon III, puis une sélection du Génie qui fait apparaître ses années creuses (1887 à 1896, quelques centaines de pièces) et ses années pleines du début du XXe siècle. Les lignes 1906 et 1907 marquent le changement de tranche ; 1914 clôt la série avec un tirage tardif.

100 francs or : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
1855A50 901Début du type tête nue
1855BB5 049
1857A103 447Année la plus abondante de l'Empire
1858BB1 928Tirage très faible
1859BB14 710Chiffre variable selon les sources
1863BB5 078Paris ne frappe pas ce module cette année-là
1865A1 517Plus petit tirage impérial
1868BB1 982
1869A28 872Année la plus abondante de la tête laurée
1870A10 460Largement refondue d'après BDOR
1878A12 814Premier Génie ; 30 flans brunis en plus
1879A38 601Différent ancre simple ou ancre barrée
1886A38 892Plus fort tirage du Génie
1887A234Date rare
1889A100Plus petit tirage du Génie
1894A143Date rare
1896A400Date rare
1899A10 000Reprise des frappes régulières
1904A20 000
1906A30 247Dernière tranche DIEU PROTEGE LA FRANCE
1907A20 000Première tranche LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ
1911A30 067
1913A30 184Dernière frappe d'avant-guerre
1914A1 281Millésime 1914, frappé en 1921

Chiffres repris des tableaux BDOR et Abacor, qui concordent ; découpage des types selon Le Franc (F.550 à F.553). Les années du Génie non listées (1881, 1882, 1885, 1900 à 1903, 1905, 1908 à 1910, 1912) ont chacune entre 2 894 et 37 420 pièces. Pour 1859 BB, d'autres sources donnent 14 698 (CGB d'après Le Franc) ou 9 305 (CoinVarieties).

Trois effigies sur un seul module

Posez la pièce sur une règle : 35 mm, c'est nettement plus large qu'une pièce de 2 euros. À ce diamètre, en or, il n'existe en France que la 100 francs du XIXe et du début du XXe siècle. Il reste à savoir lequel des trois types vous avez.

Un homme barbu à moustache longue : c'est Napoléon III. Sans laurier dans les cheveux, la pièce appartient à la première série (1855-1859) ; avec une couronne de laurier, à la seconde (1862-1870). Une figure ailée debout, qui grave une tablette : c'est le Génie, adopté par la République en 1878.

Sous l'Empire, deux ateliers se partagent le travail. La lettre A désigne Paris, la lettre BB l'autre atelier qui a frappé ce module ; elle se lit au revers, près de la date. Le Génie, lui, ne sort que de Paris. Un Génie qui porte une autre lettre que A n'existe dans aucun catalogue. Le guide des ateliers monétaires donne la liste complète des lettres.

Le Génie de 1878 à 1914, une grosse pièce du XXe siècle

La République a d'abord frappé le Génie de 100 francs par à-coups : quelques dizaines de milliers de pièces certaines années, à peine une centaine d'autres. À partir de 1899, le rythme change : chaque année jusqu'en 1913 voit sortir entre 10 000 et un peu plus de 30 000 pièces. Une bonne part des 100 francs or que l'on rencontre aujourd'hui date donc des années 1900, et non de l'Empire.

En 1907, la devise de la tranche change : « DIEU PROTEGE LA FRANCE » laisse la place à « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Les catalogues traitent ces deux tranches comme deux types (F.552 et F.553). Faites tourner la pièce entre deux doigts pour lire l'inscription, puis comparez avec la date : une tranche républicaine sur une pièce de 1905, ou l'inverse, est anormale.

La guerre arrête les frappes. Le millésime 1914 existe bien, mais BDOR précise qu'il a été frappé en 1921, à 1 281 exemplaires seulement. La loi du 25 juin 1928, qui définit le franc dit Poincaré, retire ensuite à ces pièces leur cours légal. La suite de l'histoire de l'or français au XXe siècle se lit sur la page des monnaies de la IIIe République.

Essais, différents et imitations

Les pièces hors série se concentrent aux deux bouts de la période. En 1855, Paris produit une épreuve à tranche lisse portant un A sur l'avers, ainsi que des essais. BDOR signale aussi des épreuves de 1861 sur flan bruni : une étoile à cinq branches y prend la place de l'abeille sous le cou, et une étoile à six branches celle de la lettre d'atelier. Des essais de la tête laurée sont connus pour 1862 et 1868.

Côté Génie, l'année 1879 se divise entre deux différents de graveur : une ancre simple et une ancre barrée, à regarder à la loupe. Il faut ajouter les 30 flans brunis de 1878, deux essais de la même année et une émission sur flan bruni datée 1900.

Une pièce aussi lourde a tenté les faussaires, qu'il s'agisse d'or à titre réduit ou de métal doré. Quatre contrôles simples : le poids (32,26 g), le diamètre (35 mm), l'alignement des lettres de la tranche, la finesse des plumes et des cheveux. Le guide sur les fausses pièces reprend ces vérifications pas à pas.

Pièces qui lui ressemblent

La 50 francs or est sa petite sœur : mêmes effigies, même graveur, mais 28 mm et 16,13 g, avec « 50 FR » au revers. Le 20 francs Génie reprend la scène de Dupré sur 21 mm.

Monaco a frappé à Paris des 100 francs or au même module, 35 mm et 32,26 g, sous Charles III puis sous Albert Ier. Leur revers aux armes princières et la légende « CENT FRANCS » les distinguent immédiatement de la pièce française.

Plusieurs pièces plus récentes portent aussi le nom de 100 francs sans rien partager avec celle-ci : la 100 francs or de 1929-1936, beaucoup plus petite, les 100 francs commémoratives en argent des années 1982-2001 et les pièces de collection de la Monnaie de Paris. Pour situer l'ensemble, voyez la page des monnaies d'or.

Juger l'état d'une 100 francs

Sur la tête nue, observez les mèches au-dessus de l'oreille et le haut de la joue. Sur la tête laurée, ce sont les nervures des feuilles. Au revers impérial, suivez le plumage de l'aigle, les flèches du foudre et les maillons du collier.

Sur le Génie, l'épaule et le buste de la figure s'aplatissent d'abord, puis les plumes des ailes perdent leur dessin, puis le coq. Au revers, les feuilles de la couronne deviennent lisses.

Les Génie des années 1900 ont souvent peu circulé : leur usure est faible, mais leurs champs sont couverts de petites marques laissées par le frottement des pièces entre elles dans les sacs. Ces chocs abaissent l'état autant que l'usure. N'essayez pas de les effacer : un nettoyage laisse des traces visibles. Les détails sont dans le guide des états de conservation et dans notre page sur le nettoyage.

À Cagnes-sur-Mer

100 francs or en Côte d'Azur

Sur la Côte d'Azur, la 100 francs or rappelle que Nice et son comté ne deviennent français qu'en 1860 : les types tête laurée de 1862-1870 et le Génie y ont donc circulé comme partout en France, alors que les premières têtes nues de 1855-1859 ont été frappées avant le rattachement. La principauté voisine a aussi ses 100 francs or au même diamètre, et les deux se retrouvent parfois ensemble dans les tiroirs de la région. Si vous avez une grosse pièce d'or à identifier à Cagnes-sur-Mer, l'estimation gratuite permet de la faire examiner par un numismate.

100 francs or : questions fréquentes

Une 100 francs or peut-elle être datée après 1914 ?

Non pour ce type. Le millésime 1914 est le dernier, et il a été frappé en 1921 à 1 281 exemplaires d'après BDOR. Les 100 francs or plus tardives (1929-1936) sont un autre type, beaucoup plus petit.

Ma 100 francs ressemble à la française mais porte des armoiries : qu'est-ce que c'est ?

Probablement une 100 francs de Monaco, frappée à Paris sous Charles III ou Albert Ier au même module. Le revers aux armes princières et la mention « CENT FRANCS » la signalent.

Où se trouve la lettre BB sur une 100 francs ?

Au revers, en bas, à côté de la date. Elle n'existe que sur les pièces de Napoléon III, sur neuf millésimes entre 1855 et 1869 ; aucun Génie ne la porte.

Pourquoi trouve-t-on si peu de 1870 A malgré plus de 10 000 pièces frappées ?

BDOR indique que cette émission a été presque entièrement refondue. Les exemplaires survivants sont donc peu nombreux.