Panthéon ou commémorative : le premier tri
Retournez la pièce côté dessin. Si vous voyez un monument à colonnes surmonté d'un dôme, c'est le type courant, le Panthéon : notez l'année, car les tirages varient énormément d'un millésime à l'autre. Si vous voyez un visage, un monument étranger ou une scène, c'est une commémorative : identifiez le sujet, il n'existe qu'une année par sujet.
Les quatorze commémoratives racontent une petite histoire de France en argent : des savants et des écrivains (Curie, Zola, Descartes, Malraux), l'Europe avec Jean Monnet, des rois fondateurs (Charlemagne, Clovis), puis les grands anniversaires de 1789 et de 1944-1945. Entre 1986 et 1988, trois pièces déclinent la devise : la statue de la Liberté, La Fayette pour l'Égalité, puis la Fraternité.
Ne pas confondre avec :
- La 100 francs Cochet des années 1950, pièce de l'ancien franc en métal commun.
- Les 10 francs et 50 francs Hercule, également à 900 ‰ mais plus lourdes (25 g et 30 g) et antérieures.
- Les pièces de Monaco au nom de Rainier III, qui ne relèvent pas de cette série française.
Différents, versions de collection et faux
Dauphin ou abeille. Le symbole du graveur général change en 1995 : le dauphin cède la place à l'abeille. Sur le Panthéon, ce détail suffit à séparer deux périodes du même type.
Les finitions soignées. À côté de la frappe courante, la Monnaie de Paris a diffusé plusieurs sujets en flan bruni, en fleur de coin ou en brillant universel, en petites quantités : 1 000 Marie Curie en flan bruni, 5 000 Zola en flan bruni et 50 000 en fleur de coin, 25 000 La Fayette en brillant universel. Le Panthéon existe en belle épreuve de 1991 à 2001. Ces pièces ont un fond miroir ou parfaitement net ; l'écrin et le certificat d'origine font partie de l'ensemble.
Les pièces hors série. Les essais, frappés à quelques centaines ou milliers d'exemplaires par sujet, portent le mot ESSAI. Les 100 francs de collection vendues en coffret, parfois en or ou dans un autre module (Louvre 1993, Marie Curie en or), sont des émissions distinctes.
Les faux. Plus légers que 15 g, parfois attirés par l'aimant, ils montrent un relief mou. Le large champ lisse révèle vite la surface piquée d'une pièce coulée. Méthode complète dans reconnaître une fausse pièce.
Un état souvent excellent : ce qui fait la différence
Ces pièces ont très peu servi aux achats. L'usure est donc rare ; ce sont les marques de stockage qui départagent deux exemplaires.
- Le Panthéon : contrôlez le haut du dôme, le fronton et le relief des colonnes, premiers endroits à s'émousser.
- Les portraits : sur Curie, Zola, Descartes, Monnet ou Malraux, la pommette, l'arête du nez et les mèches trahissent le moindre frottement.
- Le champ : vaste et lisse, il garde la trace de chaque contact avec une autre pièce. La tranche lisse marque aussi les chocs.
- Les taches : auréoles noires ou irisées, surtout dans les vieux sachets en plastique et les rouleaux de papier.
Ne passez aucun produit d'argenterie : il laisse un voile de micro-rayures visible en lumière rasante. Pour les termes employés, consultez les états de conservation.
Une série née en 1982, close par l'euro
Au début des années 1980, les pièces du franc sont en nickel, en cupro-aluminium ou en acier. La création d'une 100 francs en argent fait donc exception. Le Panthéon dessiné par Jean-Claude Dieudonné devient le type courant en 1982. Trop lourde pour un porte-monnaie, la pièce est surtout conservée : dès 1987, le Panthéon ne dépasse plus 100 000 exemplaires par an.
En 1984, la Monnaie de Paris lance au même module une commémorative annuelle. Le rythme dure jusqu'en 1997 : quatorze sujets, des tirages de 4 à 5 millions dans les années 1980, puis moins de 2 millions à partir de 1993, et à peine un demi-million pour Malraux.
L'euro met fin à l'histoire. Jusqu'en 2001, seuls les coffrets de collection reçoivent encore des Panthéon. Les pièces en francs perdent leur cours légal en février 2002 et ne sont plus échangées à la Banque de France après février 2005. Pour la suite de la période, voir les francs de 1960 à 2001 et les monnaies en argent.