Trier un lot de 10 francs Hercule
Ces pièces arrivent rarement seules : on les trouve par dizaines, en rouleaux de banque, dans des boîtes à biscuits ou des tubes en plastique. Un tri en trois temps fait gagner du temps.
- Lire la date au revers, sous la couronne. Les années 1965 à 1968 et 1970 forment l'essentiel de tout lot. Posez à part 1969, 1971, 1972 et 1973.
- Chercher 1964. Une pièce de cette année n'a jamais circulé : c'est soit l'essai, qui porte le mot ESSAI, soit la présérie de 131 exemplaires, qui ne le porte pas. Sur la présérie, la pique de la Liberté se termine par une main de justice au lieu du bonnet, l'Égalité n'a pas de chignon et la signature est entourée de deux étoiles.
- Regarder la légende du revers à la loupe : un accent sur le premier E de REPUBLIQUE signale une variété cataloguée à part, rattachée à 1967 par Le Franc.
Laissez les pièces telles quelles, même ternies. Un numismate peut faire ce tri avec vous lors d'une estimation gratuite.
10 francs Hercule en argent (1965-1973) : les pièces à ne pas confondre
- La 50 francs Hercule (1974-1980) : même dessin, mais 41 mm et 30 g, avec « 50 FRANCS » sur deux lignes.
- L'écu de 5 francs Hercule du XIXe siècle : même groupe de Dupré et, piège classique, même module (25 g d'argent à 900 ‰, 37 mm). La différence se lit au revers, avec « 5 FRANCS » et une date du XIXe siècle, et sur la tranche, qui porte une inscription en lettres au lieu de motifs. Voir les écus de 5 francs.
- La 5 francs Semeuse en argent (1960-1969) : autre pièce d'argent du nouveau franc, plus petite, avec la Semeuse d'Oscar Roty.
- Les copies : reproductions en laiton ou en acier nickelé, parfois sur des dates courantes. Elles se trahissent par un poids éloigné des 25 g, une réaction à l'aimant ou une tranche aux motifs empâtés.
En cas de doute, une balance au gramme et un aimant de réfrigérateur suffisent pour un premier contrôle. Le reste est expliqué dans reconnaître une fausse pièce.
Lire l'usure sur le groupe d'Hercule
Faute d'avoir beaucoup circulé, la plupart des exemplaires montrent peu d'usure. Ce qui sépare une pièce ordinaire d'une pièce de collection tient alors à quelques zones précises.
- Hercule : sa poitrine et son genou avancé sont les reliefs les plus hauts. Dès qu'ils deviennent plats et brillants, la pièce a circulé.
- Les deux femmes : observez les plis de leurs robes et le modelé des visages, qui s'estompent ensuite.
- La couronne du revers : les nervures des feuilles disparaissent avant les chiffres.
- Les grands champs lisses : ils gardent les petites rayures dues au frottement des pièces en vrac.
Une pièce frottée au produit ménager présente sous une lampe orientée un réseau de stries fines et un éclat uniforme, sans le brillant d'origine. C'est irréversible. Les degrés d'usure sont décrits sur la page états de conservation, et les erreurs à éviter dans nettoyer une pièce.
Du franc nouveau à la pièce gardée en tiroir
Le groupe d'Hercule date de la Révolution : Augustin Dupré le dessine en 1794 pour les premières pièces en francs. Il revient sur les écus de 5 francs de la IIe et de la IIIe République.
Au début de la Ve République, après la réforme du nouveau franc de 1960, la Monnaie de Paris reprend Hercule pour une 10 francs en argent, essayée en 1964 et mise en circulation en 1965. Mais le métal renchérit vite. Les Français préfèrent garder ces grosses pièces, et la frappe s'arrête après 1973, avec des tirages en baisse les dernières années.
Dès 1974, une 10 francs en métal commun prend le relais, et le dessin d'Hercule passe sur la 50 francs en argent. Après 1975, une partie des pièces part à la fonte. La 10 francs Hercule est démonétisée en 1980. Sa place dans la monnaie de l'époque est décrite sur la page des francs de 1960 à 2001.