# 50 francs or

> Entre le napoléon de 20 francs et la grosse 100 francs, la 50 francs or occupe la place du milieu : 28 mm et 16,13 g d'or à 900 millièmes. On l'identifie par son diamètre et par la mention « 50 FR » ou la somme inscrite au revers. Presque toutes les pièces connues sont impériales ; le Génie républicain, frappé jusqu'en 1904, n'a jamais dépassé quelques milliers de pièces par an.

Mise à jour : 2026-10-31

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or 900 ‰ |
| Poids | 16,13 g |
| Or fin | 14,516 g |
| Diamètre | 28 mm |
| Années de frappe | 1855-1859 (tête nue), 1862-1868 (tête laurée), 1878-1904 (Génie) |
| Ateliers | A (Paris) et BB pour Napoléon III ; A seul pour le Génie |
| Graveur | Désiré-Albert Barre ; Génie d'après Augustin Dupré |
| Tranche | DIEU PROTEGE LA FRANCE, en relief |
| Tirage total | 764 385 (tête nue), 166 989 (tête laurée), 26 975 (Génie) |
| Références | Le Franc F.547, F.548, F.549 ; Gadoury 1111 et KM 785 (tête nue), Gadoury 1113 (Génie) |

## 50 francs or : reconnaître la pièce

- **Avers** : Napoléon III de profil vers la droite, tête nue de 1855 à 1859, tête laurée de 1862 à 1868, signature BARRE sous le cou, légende « NAPOLEON III EMPEREUR ». Pour la République, le Génie ailé grave une tablette, encadré d'un faisceau et d'un coq, sous la légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».
- **Revers** : Pièces impériales : écu à l'aigle sur un foudre entouré du collier de la Légion d'honneur, légende « EMPIRE FRANÇAIS », « 50 FR » réparti de part et d'autre de l'écu, atelier et date en bas. Génie : la somme et l'année au centre d'une couronne.
- **Tranche** : « DIEU PROTEGE LA FRANCE » en lettres en relief pour tous les types. Tranche lisse sur certaines pièces de 1855 et sur les essais et flans brunis de 1862, 1868 et 1878.
- **Graveur** : Désiré-Albert Barre, d'après BDOR et Abacor, pour les deux portraits de l'empereur ; le même Barre grave le Génie sur le dessin qu'Augustin Dupré avait conçu en 1792.

## 50 francs or : millésimes et tirages

Lisez le tableau en deux temps. Pour Napoléon III, la plupart des années comptent plusieurs dizaines de milliers de pièces, sauf **1865 A**, **1868 A** et **1868 BB**, sous les 5 000. Pour le Génie, seule l'année **1904** est abondante ; les autres se comptent en centaines.

| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- |
| 1855 | A | 151 754 | Existe aussi à tranche lisse |
| 1855 | BB | 6 854 |  |
| 1856 | A | 96 564 | Un seul atelier |
| 1857 | A | 319 501 | Année la plus abondante du module |
| 1858 | A | 85 140 |  |
| 1858 | BB | 9 135 |  |
| 1859 | A | 34 025 | Fin de la tête nue |
| 1859 | BB | 61 374 | Plus que Paris ; chiffre discuté |
| 1862 | A | 24 418 | Début de la tête laurée |
| 1862 | BB | 7 310 |  |
| 1863 | BB | 8 251 | Paris ne frappe pas ce module |
| 1864 | A | 28 682 |  |
| 1865 | A | 3 740 | Tirage très faible, peut-être surestimé |
| 1866 | A | 39 155 |  |
| 1866 | BB | 17 307 |  |
| 1867 | A | 11 671 |  |
| 1867 | BB | 20 437 | Plus que Paris |
| 1868 | A | 4 223 | Tirage très faible |
| 1868 | BB | 1 795 | Plus petit tirage impérial |
| 1878 | A | 5 294 | Premier Génie ; 30 flans brunis en plus |
| 1887 | A | 301 | Date rare |
| 1889 | A | 100 | Flan bruni |
| 1896 | A | 800 |  |
| 1900 | A | 200 | Date rare |
| 1904 | A | 20 250 | Dernière et principale date du Génie |

Le tableau est complet : il reprend toutes les combinaisons recensées par Le Franc (F.547/1 à /8, F.548/1 à /11, F.549/1 à /6). Les chiffres viennent de BDOR et d'Abacor, qui ne divergent que sur 1859 A (34 025 ou 34 063). Pour 1859 BB, CGB donne 61 354, CoinVarieties 61 534 et Krause, cité par Greysheet, 32 000.

## Une pièce de gros paiement

Le décret du 12 décembre 1854 crée deux modules d'or nouveaux, la 50 et la 100 francs. Ce sont des pièces de banque et de gros règlement plus que de poche : les tirages de la 50 francs n'atteignent pas le million, alors que les 20 francs de la même époque se comptent par dizaines de millions.

La frappe démarre en 1855, avec le portrait tête nue, dans les deux ateliers qui ont reçu ce module, Paris (**A**) et l'atelier à la lettre **BB**. L'année **1857** est de loin la plus productive, avec plus de 300 000 pièces à Paris. En 1862, l'effigie laurée remplace la tête nue, comme sur les autres monnaies d'or de l'Empire, et la frappe cesse en 1868, deux ans avant la chute du régime.

Sous la IIIe République, la 50 francs ne revient que par intermittence. Les dates de 1878 et 1889 accompagnent les Expositions universelles de Paris ; celles de 1887, 1896 et 1900 se limitent à quelques centaines d'exemplaires. Seule l'émission de **1904**, avec un peu plus de 20 000 pièces, a vraiment alimenté la circulation. Après cette date, l'État ne frappe plus d'or qu'en 10, 20 et 100 francs, jusqu'à la guerre. Le contexte est développé sur la page des [monnaies du XIXe siècle](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/).

## Situer sa pièce en trois regards

Premier regard, l'effigie. Une tête d'homme désigne l'Empire ; si une couronne de laurier ceint les cheveux, la pièce date de 1862 à 1868, sinon de 1855 à 1859. Une figure ailée désigne la République.

Deuxième regard, la lettre sous l'écu du revers, près de la date. A ou BB pour l'Empire, A seulement pour le Génie. Aucun autre atelier n'a reçu ce module, et une Génie marquée BB n'a jamais été frappée. Le [guide des ateliers monétaires](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/ateliers-monetaires/) explique ces lettres.

Troisième regard, la date. Il n'existe pas de 50 francs or datée de 1860, 1861 ni d'aucune année entre 1869 et 1877. Paris est seul en 1856 et 1857, l'atelier BB seul en 1863. Le Génie compte six dates en tout : 1878, 1887, 1889, 1896, 1900 et 1904. Une combinaison absente de cette liste est suspecte.

## Pièces spéciales, retouches et faux

En dehors des millésimes, la 50 francs compte surtout des pièces de présentation. Paris a frappé en 1855 des exemplaires à tranche lisse, à côté d'essais sur flan bruni. Des essais de la tête laurée à tranche lisse sont connus pour 1862 et 1868. Pour le Génie, on recense 30 flans brunis en 1878, les 100 pièces de 1889 et deux essais de 1878, dont l'un à grande écriture.

Abacor relève qu'une partie des pièces comptées en 1866 A seraient en réalité datées 1865 : le chiffre de 1865 est donc à prendre avec prudence.

Les faussaires ont surtout visé les dates rares du Génie. Le procédé le plus simple consiste à retoucher le dernier chiffre d'une 1904 pour en faire une 1900 : à la loupe, le zéro final paraît alors irrégulier ou entouré d'un champ retravaillé. D'autres faux, en or bas titre ou en métal doré, trahissent leur origine par un poids qui s'écarte de 16,13 g, un diamètre différent de 28 mm, des plumes d'ailes ou un portrait sans finesse, des lettres de tranche mal espacées. Les méthodes de contrôle sont réunies dans le [guide pour repérer une fausse pièce](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

## Ce qu'il ne faut pas prendre pour une 50 francs or

Les mêmes effigies existent sur trois modules d'or. Le [20 francs Napoléon III](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-iii/) mesure 21 mm pour 6,45 g ; la [100 francs or](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/100-francs-or/) atteint 35 mm pour 32,26 g. Le [20 francs Génie](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/20-francs-or-genie/), très répandu, porte la même scène que la 50 francs Génie, mais en petit. Mesurer le diamètre règle la question : une règle graduée ou un pied à coulisse suffit, et le poids confirme.

Au XXe siècle, la somme de 50 francs passe à l'argent. La [50 francs Hercule](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/50-francs-hercule/) de 1974-1980, avec son groupe de trois personnages et ses 41 mm, n'a rien à voir avec la pièce d'or, malgré le même montant inscrit. Elle est frappée en argent à 900 millièmes, à une époque où l'or ne sert plus à la monnaie courante depuis longtemps. Pour l'ensemble des pièces d'or françaises, voyez la page des [monnaies d'or](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/monnaies-or/).

## L'usure sur ce module

Avec 28 mm, la 50 francs garde ses reliefs un peu mieux que le napoléon, mais elle s'use aux mêmes endroits. Tête nue : les mèches au-dessus de l'oreille et la pommette. Tête laurée : les nervures des feuilles de laurier. Au revers impérial, le plumage de l'aigle et les maillons du collier s'effacent assez vite.

Sur le Génie, regardez la poitrine et l'épaule de la figure, puis les plumes des ailes, puis le coq. Les feuilles de la couronne du revers perdent leurs nervures avant leur contour.

Une pièce de 16 g qui a voyagé en sac avec d'autres porte souvent des chocs sur la tranche et des marques dans les champs. Ces défauts pèsent dans l'appréciation de l'état autant que l'usure. Évitez tout nettoyage. Le [guide des états de conservation](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/etats-de-conservation/) et la page sur [le nettoyage des pièces](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/nettoyer-une-piece/) donnent les repères.

## 50 francs or à Cagnes-sur-Mer

Les premières 50 francs or, à tête nue, sont frappées de 1855 à 1859, alors que Nice relève encore du royaume de Sardaigne ; Cagnes, déjà française, se trouvait de l'autre côté de la frontière du Var. Les têtes laurées de 1862 à 1868 et le Génie sont postérieurs au rattachement de 1860 et ont eu cours sur toute la Côte d'Azur. Dans les successions de la région, cette pièce se mêle volontiers à des monnaies d'or étrangères rapportées de voyage ; l'[estimation gratuite](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/estimation-pieces/) à Cagnes-sur-Mer permet de faire le tri avec un numismate.

## Questions fréquentes

### Pourquoi trouve-t-on si peu de 50 francs Génie ?

Parce que la République n'en a frappé qu'environ 27 000 en six dates, dont plus de 20 000 pour la seule année 1904. Les autres années se limitent à quelques centaines d'exemplaires.

### Ma 50 francs est datée 1900 : comment m'assurer qu'elle n'est pas une 1904 retouchée ?

Examinez le dernier chiffre à la loupe : sa forme, son alignement avec les autres et le champ qui l'entoure. Un chiffre irrégulier ou un champ retravaillé doit faire montrer la pièce à un numismate.

### La 50 francs 1859 BB est-elle une erreur de catalogue ?

Non. Le Franc la recense (F.547/8) et la plupart des sources lui donnent environ 61 000 pièces, soit davantage que la 1859 de Paris.

### Comment ne pas la confondre avec la 100 francs Napoléon III ?

Mesurez-la : 28 mm et 16,13 g pour la 50 francs, 35 mm et 32,26 g pour la 100 francs. Le revers l'indique aussi, « 50 FR » d'un côté, « 100 FRS » de l'autre.

## Sources

- Le Franc, 50 francs or (F.547, F.548, F.549)
- Le Franc, 50 francs Napoléon III tête nue (F.547)
- Le Franc, 50 francs Napoléon III tête laurée (F.548)
- Le Franc, 50 francs Génie (F.549)
- BDOR, 50 francs Napoléon III tête nue
- BDOR, 50 francs Napoléon III tête laurée
- BDOR, 50 francs Génie
- Abacor, 50 francs or Napoléon III tête nue
- Abacor, 50 francs or Napoléon III tête laurée
- CGB, 50 francs or Napoléon III tête nue 1859 BB (F.547/8)
- CoinVarieties, 1859-BB 50 francs
- CoinVarieties, 1900-A 50 francs

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Source : https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/50-francs-or/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – CAGNES-SUR-MER, Maison Or & Bijoux Cagnes-sur-Mer, 1 cours du 11 Novembre, 06800 Cagnes-sur-Mer, 06 34 87 40 79. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
