# 20 francs or Napoléon III (1853-1870)

> Petite pièce d'or de 21 mm au profil barbu, avec « NAPOLEON III EMPEREUR » autour du portrait : c'est le napoléon du Second Empire. Frappé de 1853 à 1870 à plus de 230 millions d'exemplaires, il a fixé pour longtemps l'image du « napoléon » que l'on retrouve dans les successions. Deux types se succèdent, la tête nue puis la tête laurée, et c'est par là que commence toute identification.

Mise à jour : 2026-10-31

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or 900 ‰ |
| Poids | 6,45 g |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Années de frappe | 1853-1860 (tête nue), 1861-1870 (tête laurée) |
| Ateliers | A (Paris), BB (Bas-Rhin), D (Lyon, 1855 seulement) |
| Tirage total | 146 544 669 (tête nue), 85 466 540 annoncés (tête laurée) |
| Références | Le Franc F.531 (tête nue) et F.532 (tête laurée) |

## 20 francs or Napoléon III (1853-1870) : reconnaître la pièce

- **Avers** : Profil de l'empereur tourné vers la droite, avec moustache et barbiche. De 1853 à 1860 la tête est nue ; à partir de 1861 elle porte une couronne de laurier. Signature « BARRE » à la base du cou, légende « NAPOLEON III EMPEREUR ».
- **Revers** : Type tête nue : « 20 FRANCS » et la date au centre d'une couronne de laurier fermée par un nœud, sous lequel se place la lettre d'atelier ; légende « EMPIRE FRANÇAIS ». Type tête laurée : armoiries impériales (aigle sur un foudre, collier de la Légion d'honneur, manteau surmonté d'une couronne), « 20 » et « FR » de chaque côté, date et lettre d'atelier sous l'écu ; même légende.
- **Tranche** : Lettres en relief : « DIEU * PROTEGE * LA * FRANCE ». Les rares exemplaires sur flan bruni de 1853 à 1855, destinés aux présentations, ont une tranche lisse.
- **Graveur** : Famille Barre : Jacques-Jean Barre, graveur général jusqu'à sa mort en 1855, est crédité de la tête nue ; Albert-Désiré Barre, son fils et successeur, de la tête laurée (attributions discutées, voir a_verifier).

## 20 francs or Napoléon III (1853-1870) : millésimes et tirages

Sélection de dates repères, des plus gros tirages aux plus modestes. Paris a fourni l'essentiel des pièces : une lettre A avec une date des années 1850 est la rencontre la plus banale. Pour les autres lettres et pour les années à variétés, regardez aussi les deux symboles près de la date.

| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- |
| 1853 | A | 5 729 471 | Début de la tête nue ; quelques flans brunis |
| 1854 | A | 23 485 957 | Record du type |
| 1855 | A | 16 595 397 | Différents tête de chien et main, ou main et ancre |
| 1855 | BB | 1 759 701 | Tête de chien et abeille, ou abeille et ancre |
| 1855 | D | 363 017 | Unique année de Lyon, plusieurs lions ; plus petit tirage du type |
| 1856 | A | 17 302 537 | Courant |
| 1856 | BB | 1 125 030 | Plus petit tirage BB de la tête nue |
| 1857 | A | 19 193 214 | Seul atelier actif cette année-là |
| 1858 | A | 16 860 982 | Courant |
| 1859 | A | 20 295 429 | Courant |
| 1860 | A | 10 219 917 | Variété 6 sur 5 |
| 1860 | BB | 5 726 718 | Variété 6 sur 5 |
| 1861 | A | 2 607 054 | Début de la tête laurée |
| 1861 | BB | 1 423 199 | Plus petit tirage BB de la tête laurée |
| 1862 | A | 4 825 915 | Variété « grand A » |
| 1864 | A | 7 058 905 | Courant |
| 1865 | A | 2 951 440 | Tirage parisien réduit |
| 1866 | BB | 6 978 507 | Variété à tranche striée, rare |
| 1867 | A | 2 923 024 | Tirage parisien réduit |
| 1868 | A | 9 281 061 | Record de la tête laurée |
| 1869 | BB | 7 316 553 | Petit et grand BB ; chiffre discuté |
| 1870 | A | 864 873 | Dernière année, plus petit tirage de la tête laurée |
| 1870 | BB | 1 852 567 | Dernière année |

Chiffres relevés dans les tableaux de BDOR, recoupés par la fiche d'origine avec Abacor ; variétés selon Le Franc (F.531, F.532). Le chiffre d'une année couvre toutes ses variétés réunies. D'autres sources divergent légèrement : 1 817 394 pour 1855 BB (Numista), 2 067 740 pour 1858 BB (CGB). Les années non reprises ont des tirages intermédiaires.

## Tête nue ou tête laurée : le tri en dix secondes

Regardez d'abord les cheveux de l'empereur. S'ils sont libres, sans feuillage, vous tenez une tête nue, frappée entre 1853 et 1860. Si une couronne de feuilles ceint la tête, c'est une tête laurée, de 1861 à 1870.

Le revers confirme sans hésitation. La tête nue s'accompagne d'une couronne de laurier qui entoure « 20 FRANCS » et la date. La tête laurée porte un blason avec un aigle, posé sur un grand manteau, et la dénomination est coupée en deux : « 20 » d'un côté, « FR » de l'autre.

Notez ensuite la date et la lettre. Sur la tête nue, la lettre se cache sous le nœud de la couronne ; sur la tête laurée, elle se trouve en bas, près de la date. Avec ces trois éléments, vous situez votre pièce dans le tableau ci-dessus. Pour l'ensemble des ors du siècle, voir les [monnaies françaises du XIXe siècle](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/).

## Lettres d'atelier et petits symboles

Trois lettres seulement : **A** pour Paris, de loin la plus fréquente, **BB** pour le second atelier de l'Empire, **D** pour Lyon, qui n'a frappé ce napoléon qu'en 1855. La liste complète des lettres est dans notre [guide des ateliers monétaires](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/ateliers-monetaires/).

De part et d'autre de la date figurent deux signes minuscules, les différents. L'un renvoie au graveur général, l'autre au directeur de l'atelier. En 1855, le graveur change : la *tête de chien* de Jacques-Jean Barre laisse la place à l'*ancre* d'Albert-Désiré Barre. Cette année-là, on trouve donc deux combinaisons pour une même lettre, et celle à la tête de chien est la moins courante. Côté directeurs, Paris signe d'une *main*, Lyon d'un *lion*, l'atelier BB d'une *abeille*.

Sur la tête laurée, c'est la taille de la lettre qui crée des variétés : « grand A » en 1862, petit et grand BB en 1864, 1867 et 1869. Une loupe grossissant dix fois suffit pour les lire.

## Ce que l'usure efface en premier

Ces pièces ont circulé jusqu'en 1914 : la plupart arrivent en état TB ou TTB. Pour situer la vôtre, commencez par le portrait.
- **Tête nue** : les mèches au-dessus de l'oreille et sur la tempe s'aplatissent d'abord, puis la pommette et la pointe de la barbiche. Tant que les mèches se distinguent, la pièce est au moins TTB ; quand elles forment une surface lisse, elle descend à TB.
- **Tête laurée** : surveillez les nervures des feuilles de laurier. Elles disparaissent tôt, puis les feuilles se confondent avec la chevelure.
- **Revers laurée** : l'aigle, le foudre et les maillons du collier s'usent avant les plis du manteau.Un exemplaire SUP conserve du brillant d'origine dans les champs, au pied des lettres. Ne frottez jamais une pièce d'or : le chiffon laisse des rayures fines qui ruinent son intérêt pour un collectionneur. Le [guide des états de conservation](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/etats-de-conservation/) et la page [nettoyer une pièce](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/nettoyer-une-piece/) complètent ces repères.

## Faux, variétés et pièces voisines

**Les faux en platine.** Dès le Second Empire, des faussaires ont frappé des napoléons en platine, aux deux types. Le poids reste proche de la norme ; la couleur grise apparaît sous la surface aux endroits rayés ou usés. Les dates signalées varient selon les sources (1858, 1860, 1865, 1867 notamment). Ces pièces sont aujourd'hui collectionnées comme témoins de leur temps.

**Les faux modernes en or.** Fabriqués pour imiter une pièce recherchée, ils trahissent souvent un relief mou, des cheveux peu détaillés, des lettres de tranche irrégulières ou un poids hors norme. Contrôlez 6,45 g (quelques centièmes de moins sur une pièce usée), 21 mm et une tranche nette. Voir le guide [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

**Variétés à connaître** : 1860 avec le 6 regravé sur un 5 (A et BB), 1866 BB à tranche striée, flans brunis de 1853-1855, essais de la tête laurée (1861, 1862, 1868).

**Ne pas confondre avec** : le 20 francs « LOUIS NAPOLEON BONAPARTE » de 1852, frappé avant l'Empire ; le [10 francs or](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/10-francs-or/) au même portrait, plus petit ; les 20 lires d'or de Sardaigne puis d'Italie, de même poids et même module mais à l'effigie d'un roi.

## Du napoléon impérial au 20 francs Coq

Le mot « napoléon » vient des 20 francs du Premier Empire, frappés selon la loi du 7 germinal an XI (1803) : 6,45 g d'or à 900 millièmes. Napoléon III reprend ce standard dès 1853, quelques mois après la proclamation de l'Empire. L'or arrivé de Californie et d'Australie permet des frappes énormes : à Paris, chaque année de 1854 à 1859 dépasse 16 millions de pièces.

En 1865, l'Union latine réunit la France, la Belgique, l'Italie et la Suisse autour de ce même étalon. La chute de l'Empire, en septembre 1870, arrête la frappe. La IIIe République reprend le [20 francs Génie](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/20-francs-or-genie/), puis adopte en 1899 le [20 francs Coq](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/20-francs-or-coq-marianne/), frappé avec le même poids et le même titre jusqu'en 1914. Pour la suite de l'histoire, au XXe siècle, voir les [monnaies en or](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/monnaies-or/).

## 20 francs or Napoléon III (1853-1870) à Cagnes-sur-Mer

Le traité de Turin, signé le 24 mars 1860, rattache Nice et son comté à la France de Napoléon III, après le plébiscite des 15 et 16 avril. Jusque-là, la rive gauche du Var comptait en lires de Sardaigne, alors que Cagnes, à l'ouest du fleuve, était déjà française. Le passage s'est fait sans changer de mesure : la pièce de 20 lires sarde avait les mêmes 6,45 g d'or à 900 ‰ et le même diamètre de 21 mm que le napoléon. Sur la Côte d'Azur, le 20 francs de 1860, dernière année de la tête nue, est ainsi l'or de l'année où Nice devient française.

## Questions fréquentes

### Ma pièce porte « LOUIS NAPOLEON BONAPARTE » : est-ce la même ?

Non. Cette légende désigne le 20 francs de 1852, frappé sous la présidence, avant l'Empire. Le napoléon de cette fiche porte « NAPOLEON III EMPEREUR ».

### Pourquoi deux symboles près de la date ?

Ce sont les différents : l'un indique le graveur général, l'autre le directeur de l'atelier. En 1855, ils permettent de séparer deux variétés d'une même date et d'une même lettre.

### Une pièce de 20 lires italienne fait-elle partie de la même série ?

Elle suit le même étalon, celui de l'Union latine, mais c'est une monnaie étrangère : autre souverain, autre légende. Elle se classe à part, même si son poids et son diamètre sont identiques.

### Ma pièce est un peu sous 6,45 g : est-elle fausse ?

Pas forcément. Une pièce usée perd quelques centièmes de gramme. Un écart plus grand, une couleur grise dans les rayures ou une tranche floue doivent alerter. Un numismate peut faire le point lors d'une [estimation gratuite](https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/estimation-pieces/).

## Sources

- BDOR, 20 francs Napoléon III tête nue (tirages par année et atelier)
- BDOR, 20 francs Napoléon III tête laurée (tirages par année et atelier)
- Abacor, 20 francs Napoléon III tête nue
- Abacor, 20 francs Napoléon III lauré
- Le Franc, 20 francs Napoléon III tête nue (F.531)
- Le Franc, 20 francs Napoléon III tête laurée (F.532)
- Numista, 20 francs Napoléon III tête nue
- Numista, 20 francs Napoléon III tête laurée
- Wikipédia, Napoléon (pièce de monnaie)
- Wikipédia, Traité de Turin (1860)
- Wikipédia (EN), Sardinian lira
- BDOR, 20 lires or Charles-Albert

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Source : https://numismatique-cagnes-sur-mer.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-iii/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – CAGNES-SUR-MER, Maison Or & Bijoux Cagnes-sur-Mer, 1 cours du 11 Novembre, 06800 Cagnes-sur-Mer, 06 34 87 40 79. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
